Créer l’apprenant à la main, envoyer l’email de bienvenue, ajouter le contact au CRM, mettre à jour le tableur de suivi : chaque vente déclenche la même routine de cinq minutes. À 50 ventes par mois, vous y laissez plus de 4 heures — et la première erreur de saisie arrive toujours un vendredi soir, quand un client paie sans recevoir ses accès.
Zapier et Make éliminent ce travail invisible. Une fois vos scénarios configurés, la machine tourne sans vous : les comptes se créent, les emails partent, le CRM se met à jour. Voici comment ces outils fonctionnent, les scénarios qui rapportent le plus, et les pièges à éviter.
Le principe des automatisations
Zapier et Make reposent sur le même modèle : quand un événement se produit dans une application (le déclencheur), une ou plusieurs actions s’exécutent automatiquement dans d’autres. Exemple : un paiement est validé sur Stripe, l’apprenant est créé sur votre plateforme de formation, puis ajouté à votre liste d’emailing. Zéro intervention manuelle.
Chez Zapier, ces enchaînements s’appellent des « Zaps » ; chez Make, des « scénarios ». Dans les deux cas, vous construisez visuellement, sans écrire de code : un déclencheur, des actions, et les champs — email, prénom, formation achetée — reliés entre les applications.
La force de ces outils tient à leur catalogue : des milliers d’applications connectées — plateforme de formation, emailing, CRM, facturation, Google Sheets, Slack, Notion. Tout ce qui possède un connecteur peut communiquer avec le reste.
Par où commencer : cartographier vos tâches répétitives
Le faux départ le plus courant : ouvrir Zapier avant d’avoir listé ce qui mérite de l’être. Pendant une semaine, notez chaque tâche récurrente : sa fréquence, le temps qu’elle prend, et ce qui se passe quand vous l’oubliez.
Trois critères suffisent ensuite à prioriser :
- La fréquence. Une tâche exécutée 30 fois par mois passe avant celle du trimestre.
- Le temps unitaire. 5 minutes multipliées par 30 occurrences, c’est 2 heures 30 par mois pour une seule tâche.
- Le coût de l’erreur. Un accès oublié, c’est un client mécontent et un ticket de support ; une relance manquée, c’est une vente perdue.
Règle simple : automatisez d’abord ce que vous faites plus de dix fois par mois. Cinq tâches de 5 minutes répétées 30 fois représentent plus de 12 heures mensuelles — deux journées de création de contenu récupérées.
Les automatisations essentielles pour un formateur
Trois scénarios couvrent 80% des besoins, et un quatrième mérite le détour.
1. La création automatique des apprenants
Quand un client achète via votre tunnel de vente ou votre outil de paiement, son compte est créé instantanément sur votre plateforme, avec les bons accès. Fini le délai entre le paiement du vendredi soir et la création manuelle du lundi matin : l’apprenant démarre dans la minute, quand sa motivation est maximale.
Si vous encaissez directement sur votre plateforme, cette chaîne peut être native, sans scénario externe : c’est tout l’intérêt d’un paiement Stripe intégré à votre LMS. Zapier et Make gèrent alors ce qui gravite autour — facturation, comptabilité, CRM.
2. La synchronisation avec votre outil d’emailing
Chaque nouvel apprenant rejoint la bonne liste, tagué selon la formation achetée, puis entre dans vos séquences : emails d’onboarding la première semaine, contenus complémentaires ensuite, offre de la formation suivante à la complétion.
Le même mécanisme alimente votre acquisition : un inscrit à votre lead magnet entre automatiquement dans une séquence de découverte, sans export CSV ni copier-coller.
3. Les notifications et le reporting
Recevez un message Slack ou un email à chaque inscription, chaque vente, chaque formation complétée. Vous gardez une vue sur l’activité sans consulter votre tableau de bord en permanence.
Poussez aussi chaque événement vers un Google Sheets ou une base Notion : vous obtenez un reporting consolidé — ventes, inscriptions, complétions — qui complète les indicateurs de suivi de vos apprenants.
4. La relance des apprenants inactifs
Le scénario souvent le plus rentable : un apprenant sans connexion depuis 14 jours reçoit un email personnalisé. Ce type de relance récupère 10 à 20% des apprenants en pause, avec un effet direct sur votre taux de complétion — et documente au passage la prévention des abandons exigée par Qualiopi pour vos formations en ligne.
Zapier ou Make : lequel choisir
Zapier est plus simple à prendre en main. L’interface guide pas à pas, le catalogue d’applications est le plus large du marché et la documentation abonde. C’est le bon choix pour vos premières automatisations linéaires — un déclencheur, une ou deux actions.
Make (anciennement Integromat) offre plus de flexibilité. Son éditeur affiche le scénario complet sous forme de diagramme, et les cas complexes — conditions multiples, boucles, filtres, branches parallèles — s’y construisent plus naturellement. Sur les gros volumes, sa facturation à l’opération est généralement plus avantageuse que la facturation à la tâche de Zapier.
| Critère | Zapier | Make |
|---|---|---|
| Prise en main | Très guidée, pas à pas | Courbe d’apprentissage plus raide |
| Scénarios complexes | Possibles, vite limités | Conditions, boucles, branches natives |
| Catalogue d’applications | Le plus large du marché | Très fourni, un peu plus restreint |
| Coût sur gros volumes | À la tâche, monte vite | À l’opération, plus progressif |
| Pour qui | Débuter, scénarios simples | Scénarios avancés, gros volumes |
Pour débuter, Zapier suffit largement — les deux outils proposent d’ailleurs une formule gratuite pour tester. Vous migrerez vers Make quand vos besoins se complexifieront.
Les erreurs qui font échouer une automatisation
Une automatisation mal conçue est pire que l’absence d’automatisation : elle échoue en silence pendant que vous croyez le sujet réglé. Cinq pièges concentrent l’essentiel des incidents :
- Tester en production. Utilisez un email de test et une offre factice avant d’activer un scénario sur de vrais clients.
- Ignorer les échecs. Activez les notifications d’erreur de Zapier ou Make : un scénario qui plante sans alerte, c’est un accès jamais livré.
- Créer des doublons. Préférez les actions « créer ou mettre à jour », basées sur l’email, à une création systématique de contact.
- Automatiser un processus flou. Si vous ne savez pas décrire le processus en trois phrases, clarifiez-le d’abord : l’automatisation fige ce qui existe, défauts compris.
- Ne rien documenter. Notez pour chaque scénario actif le déclencheur, les actions et les champs reliés. Dans six mois, vous aurez tout oublié.
Comment Uncoflow s’intègre
Uncoflow propose un connecteur pour Zapier et Make, disponible sur toutes les formules — y compris la formule Découverte, gratuite et sans carte bancaire (1 produit, jusqu’à 5 apprenants). La connexion se fait sans code : vous récupérez votre clé API dans Configuration, onglet Automatisation, puis l’ajoutez à votre compte Zapier ou Make.
Dans le sens sortant, le déclencheur « nouvel achat d’offre » alimente vos autres outils : contact ajouté dans Brevo, ligne créée dans une base Notion, notification d’équipe. Dans le sens entrant, l’action de création ou de mise à jour d’un apprenant attribue automatiquement les bons accès — après un achat sur un tunnel externe comme ThriveCart, par exemple.
Un besoin spécifique ? L’équipe Uncoflow étudie les demandes de déclencheurs et d’actions au cas par cas.
Questions fréquentes
Faut-il savoir coder pour utiliser Zapier ou Make ?
Non. Vous assemblez des blocs visuels et reliez des champs. Le code ne sert que dans des cas très avancés — webhooks personnalisés, transformations de données — dont ces scénarios n’ont pas besoin.
Combien de temps prévoir pour démarrer ?
Comptez 30 minutes à une heure pour un premier scénario simple, tests compris. Une demi-journée suffit pour les trois automatisations essentielles — un investissement rentabilisé dès le premier mois si vous traitez plus de dix ventes.
Ces outils sont-ils compatibles avec le RGPD ?
Zapier et Make font transiter des données personnelles — email, prénom, formation achetée. Trois réflexes : ne transmettez que les champs strictement nécessaires, mentionnez ces outils dans votre registre de traitements, et vérifiez les conditions de traitement des données de chaque éditeur.




